Petits rappels utiles sur la finalité du frottis à l’usage des généralistes

frottis_cancer_stopLa finalité du frottis est le dépistage du cancer du col,

La bible de l’anapath est le consensus de Bethesda, (mots clefs = BETHESDA, PAP [SMEAR])

  • 1. Terminology must communicate clinically relevant information from the laboratory to the patient’s health care provider.
    2. Terminology should be uniform and reasonably reproducible across different pathologists and laboratories and also flexible enough to be adapted in a wide variety of laboratory settings and geographic locations.
    3. Terminology must reflect the most current understanding of cervical neoplasia.

Traduction

  1. L’interprétation du frottis ne peut se faire sans renseignements cliniques (grossesse, ménopause, inflammation…)
    Le compte rendu DOIT être harmonisé et standardisé !
    Le compte rendu doit s’inscrire dans un algorithme décisionnel (tout ce qui ne sert à rien dans la décision ne doit pas y figurer !!!)

INTERPRÉTATION (Ce qu’on attend d’un dépistage) : L’anapath est formel ou indécis

  1. Quand il est formel il classe le frottis en NORMAL ou PATHOLOGIQUE (ACR1, ACR2 et ACR4 et ACR5 du radiologue)
  2. Quand il est indécis il le classe en ASC ou en in-interprétable (ACR3 ou ACR0)

les dystrophie, dyskératose, leucoplasie, métaplasie, inflammations diverses et variées sont le reflet de l’équilibre de l’écosystème cervical,

  • le frottis est alors classé « normal pour le dépistage »

(ACR1 ou ACR2) à recontrôler dans 3 ans ! Normal ne signifiant pas « parfait » mais « dans la norme pour le risque de cancer »

  • Les dysplasies classent le frottis en « Pathologique »

La dysplasie est une « cicatrisation ou transformation anormale » (la métaplasie étant la cicatrisation ou transformation normale), apparaissant dans le compte rendu harmonisé sous la forme d’une « suspicion de lésion »
La suspicion de « lésion » au frottis peut être classée en « Bas Grade » ou en « Haut Grade »

  1. Le bas grade (dysplasie légère = CIN1) c’est du bénin qui reste bénin, apparenté le plus souvent au condylome (plan) vulgaire
  2. Le haut grade c’est encore du strictement bénin mais qui a pris le chemin des ennuis (dysplasie modérée = CIN2 ou sévère = CIN3)

La Suspicion de lésion qu’elle soit de bas ou de haut grade doit obligatoirement faire l’objet d’un contrôle histologique (Colposcopie+Biopsie = ACR4) car au moins 10% des « suspicions » de Bas grades se révèlent être en fait des vrais Haut Grades parfois avancés.

JOKER

Dans un certain nombre de situations (comme la métaplasie immature par exemple – c’est à dire la cicatrisation « Normale » mais avec des gros noyaux témoignant d’une activité cellulaire de réparation intense) l’anapath est incapable de placer l’étiquette binaire « Normales ou Lésionnelles » sur ces cellules, « Métaplasie finissante ou Dysplasie débutante ??? »

  • Il classe donc en ASC/ACR3 « Image probablement bénigne à revoir avant 3 ans », c’est à dire « Atypic Squamous Cytology » qui est un subtil jeu de mot avec ASK ??? « Je m’interroge ??? »
  • ASC comprend encore 2 sous catégories : ASC-US & ASC-H
    1. US (Unknown Signification) c’est l’hésitation standard entre Normal ou Lésion
    2. H (High) c’est l’hésitation chiante entre Normal ou Haut Grade

Et s’aide dans l’ASC-US du typage viral comme « Joker » pour partager sa décision
Le Typage viral est sans intérêt dans l’ASC-H, puisque la question de la biopsie ne s’y pose pas !

Typage Viral

ATTENTION ce qui va suivre est très important, car la totalité des femmes et la majorité des médecins naïfs ne savent pas gérer un typage viral.

  • LE TYPAGE VIRAL N’A DE VALEUR DÉCISIONNELLE QUE S’IL EST NÉGATIF !

je réécris la phrase inverse pour enfoncer le clou

  • UN TYPAGE VIRAL POSITIF POUR LE HPV HAUT RISQUE N’A AUCUNE VALEUR DÉCISIONNELLE !

La seule question posée est : Frottis non décisionnel, est ce que je fais une biopsie OUI/NON ?

  1. – Pas de virus : Décision Claire = pas de pathologie, donc pas de lésion => la Biopsie est inutile
  2. – Virus Présent : Pas de décision possible (cf supra) => Je fais ma biopsie pour savoir +++

La seule valeur claire d’un typage positif pour les HPV-HR est le signe d’une bonne santé sexuelle,

  • Petite Nuance :

La persistance d’un typage positif HPV-HR pendant plus de 12 à 24 mois, signe la mauvaise santé de la clairance immunitaire locale

CE QU’ON NE DEVRAIT PLUS LIRE DANS UN COMPTE-RENDU ANAPATH :

  • Mycose, Gardnerellose et Actinomycose (pourquoi pas la couleur des spermatozoïdes ?)

Le champignon est un saprophyte indispensable de tous les écosystèmes, (éboueur phylogénétique) sa présence est donc « Normale » dans un vagin, il ne doit ni être recherché, ni signalé, ni traité chez une femme qui ne se plaint de rien.

Le gardnerella est l’agent de la vaginose et le témoin numéro un du déséquilibre de l’écosystème, (douche vaginale, alcoolisme…) car il remplace le doderlein, il est a intégrer dans le contexte clinique, et n’a aucune influence sur la décision de Biopsie.. Il ne devrait pas être signalé chez une femme qui ne se plaint de rien.

L’actinomycose est la plaie de nos frottis, et sa recherche n’a absolument AUCUNE place dans un compte rendu de dépistage, en particulier chez une femme qui ne se plaint de rien.

  • Présence d’un Virus ONCOGÈNE

Le terme « oncogène » est un terme malheureux, très à la mode aux zétasunis qui considèrent que le condylome est un cancer de grade 1 (CIN = Cervical Intraépithélial NEOPLASIA !!) il devrait être banni des compte rendus européens, car il y a autant de rapport entre porter un Oncogène sur son col et fumer une cigarette ou respirer 5 minutes à Paris…

  • Typage viral demandé pour un Haut Grade ou un Asc-H, car dans les 2 cas le résultat ne va pas changer la décision de Biopsier ou pas.

MORALITÉ :

  1. Le résultat du frottis doit toujours être intégré dans son contexte
    • Et le contexte c’est nous qui le décrivons !
  2. Il n’est pas interdit de placer sur son bon d’examen,
    • « Résultat du frottis selon les critères de Bethesda limité au dépistage du cancer du col« 

https://www.karger.com/Article/FullText/381842

 

juillet 13, 2016